Tout sur l'euro 2008
  Domenech le mal aimé
 

                  DOMENECH LE MAL AIMÉ

          A la tête de la sélection tricolore depuis juillet 2004, Raymond Domenech ne fait pas l'unanimité dans le coeur des français malgré. Peu apprécié pour ses frasques et ses déclarations provocantes, voire décalées, le sélectionneur français souffre d'un manque de reconnaissance sur le plan national. Pourtant, son image et sa façon de fonctionner sont minutieusement calculés pour, au détriment de son propre intérêt, servir à celui de l'équipe. Explications.


                                        UN PALMARÈS EN CONSTRUCTION


          Contrairement à ce qu'a affirmé le chroniqueur Daniel Rolio sur RMC, Raymond Domenech possède bel et bien un palmarès en tant que sélectionneur de l'Equipe de France Espoirs. Même si cela paraît un peu maigre en dix ans compte tenu du talent des joueurs qui se sont succédés au sein de son effectif, Domenech a remporté le tournoi de Toulon en 1997 et 2004, le tournoi de Casablanca en 1999 et fut vice-champion d'Europe en 2002. Passé chez les A depuis l'été 2004, Domenech a réussi deux séances qualificatives successives. Facile ? L'Angleterre, une des plus grandes sélections du monde, n'a même pas parvenu à se qualifier pour l'Euro dans un groupe qui n'aurait pas du lui poser trop de soucis. Mais il a également réussi à hisser la France jusqu'en finale de la Coupe du Monde 2006. Bien sûr, l'important dans le foot est de gagner et les seconds sont rapidement oubliés. Mais lorsque l'on sait que la France n'a participé qu'à deux finales de Coupe du Monde lors de son histoire et qu'elle aurait pu logiquement croire à la victoire jusque dans les dernières secondes des prolongations, on peut tout de même saluer la performance.


                             DES CHOIX CRITIQUÉS MAIS COMPREHENSIBLES


          Dès les premiers mois suivant sa nomination, Raymond Domenech était critiqué pour avoir ses "têtes de turcs", joueurs qu'il s'acharnait à ne pas sélectionner malgré leur indiscutable talent. Les noms qui revenaient avec le plus d'insistance étaient ceux de Giuly, Pirès, Micoud ou encore Dacourt. Pour la défense du sélectionneur, on a pu constater que le transfert de Johan Micoud à Bordeaux fut un échec tant pour le joueur qui recherchait à se rapprocher de son sélectionneur, que pour le club qui a réalisé une mauvaise affaire. Quant à Dacourt, la retraite l'exclus des négociations. Les noms de Pirès et de Giuly reviennent cependant toujours avec insistance. Le premier cité, gravement blessé en fin de saison dernière, peine à retrouver un niveau convenable dans un club moins exposé médiatiquement (Villareal). Ludovic Giuly, en perte de vitesse et passé indésirable au FC Barcelone, a dû s'expatrier à l'AS Roma.
          Mais si ces joueurs oubliés des listes devaient réapparaître en équipe de France, ce serait à la place d'autres déjà en place. Pirès remplacerait Malouda et Ben Harfa ? Giuly prendrait la place de  Ribery ou de Govou ? Micoud ou Dacourt auraient été choisis au lieu de Vieira, Makélélé, Lassana Diarra ou Toulalan qui, eux, donnent entière satisfaction ?
          Et quid de Trezeguet ? Le buteur turinois est devenu indésirable sous le maillot tricolore malgré sa place de meilleur buteur du Calcio, championnat réputé comme le plus difficile offensivement en Europe.  Alors pourquoi se passer de lui ? S'il est vrai que se priver d'un tel talent serait une erreur, il faut tout de même se rendre à l'évidence : d'année en année, David Trezeguet ne cesse de décevoir en équipe de France et n'y a plus marqué depuis juin 2006 et un match amical contre la Chine (3-1). Là encore, s'obstiner à sélectionner Trezeguet reviendrait à se priver d'autres joueurs de qualité tels Anelka, Benzema ou encore Louis Saha, Thierry Henry restant lui indéboulonnable.


                                     DES DECLARATIONS MAITRISÉES


          Raymond Domenech est réputé dans le milieu pour ses déclaration parfois houleuses voire décalées qui lui attirent les foudres de ses collègues et le déchaînement des médias. Le meilleur exemple en la matière est sans nul doute l'affaire Italie-France Espoirs, match dont le sélectionneur français à dit qu'il était truqué. Cela lui a valu un match de suspension lors du fameux Italie-France de septembre dernier à Milan (0-0). Mais cette provocation n'était-elle pas prévue pour que l'ensemble de l'intérêt médiatique ne se reporte que sur lui et non sur ses joueurs. Cette technique s'assimile grandement à celle utilisée par José Mourinho, ancien entraîneur de Chelsea et convoité un peu partout en Europe. En tout cas, le résultat fut le même : durant les semaines qui précédèrent ce choc tant attendu, les médias s'acharnèrent que Raymond Domenech, épargnant du même coup aux joueurs d'engendrer inutilement une tension qui aurait pu leur être préjudiciable.




          Raymond Domenech souffre donc toujours d'un manque de reconnaissance sur le plan national que l'épopée des bleus durant la Coupe du Monde 2006 n'a pas entièrement dissipé. La faute à des méthodes de fonctionnement efficaces à défaut d'êtres conventionnelles. Après tout, Aimé Jacquet n'était pas vraiment apprécié avant le mondial 98 ...

 
   
 
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